Système de contrôle qualité basé sur l'IA pour l'industrie manufacturière : guide complet de déploiement de l'IA en périphérie

Résumé

La mise en œuvre d’un contrôle qualité basé sur l’IA en atelier est plus complexe que la formation d’un modèle : elle nécessite des ensembles de données sur mesure, une sélection rigoureuse du matériel et une infrastructure périphérique robuste. Le module SOM ConnectCore 95 de Digi International, associé aux services cloud d’ Digi ConnectCore , offre une plateforme complète pour l’inspection par vision artificielle : de l’inférence accélérée par NPU et du packaging des modèles sous forme de conteneurs aux mises à jour OTA, en passant par la surveillance à distance et une boucle d’amélioration continue qui garantit la précision des modèles à mesure que les conditions réelles évoluent.

Les fabricants sont soumis à une forte pression pour détecter plus rapidement les défauts, réduire le gaspillage et maintenir le fonctionnement des chaînes de production sans augmenter leurs effectifs. Les logiciels de contrôle qualité basés sur l'IA destinés au secteur manufacturier se sont imposés comme la solution la plus pratique pour répondre à cette pression. Cependant, les faire fonctionner de manière fiable en atelier s'avère plus difficile que ne le pensent la plupart des équipes.

Le défi ne consiste pas à développer un modèle capable de détecter des défauts. La plupart des équipes en sont capables dans un environnement contrôlé. Le véritable défi consiste à déployer ce modèle sur du matériel embarqué en périphérie, à garantir sa précision malgré l’évolution des conditions de production, et à le gérer sur l’ensemble d’un parc d’appareils répartis dans plusieurs sites, sans qu’un data scientist soit présent sur place à chaque emplacement.

Un récent webinaire organisé par Digi International, intitulé «Combler le fossé de l’IA en périphérie : de l’entraînement des modèles au déploiement en conditions réelles », a abordé ce problème de bout en bout. Animée en collaboration avec RBZ Robot Design, cette session s’est appuyée sur un système d’inspection visuelle automatisé fonctionnant en direct dans une boulangerie de Valence, en Espagne, pour illustrer chaque étape du processus de déploiement, de la collecte des données aux mises à jour OTA des modèles sur le terrain. Cet article met en lumière les principaux enseignements tirés et les applique aux déploiements dans le domaine du contrôle qualité industriel.

Principaux enseignements :

  • Pour atteindre le seuil de précision de plus de 95 % requis pour le contrôle qualité en fabrication, il est nécessaire de disposer d'un ensemble de données sur mesure, constitué à partir de votre environnement de production réel, et non d'images génériques issues de sources ouvertes.
  • Le framework d'entraînement que vous choisirez devra être adapté à l'accélérateur sur lequel vous prévoyez d'exécuter l'inférence. Changer de framework en cours de projet revient cher.
  • La quantification réduit la taille du modèle d'environ quatre fois et accélère considérablement l'inférence, mais entraîne une perte de précision de 5 à 10 %. L'entraînement tenant compte de la quantification est le moyen le plus efficace d'y remédier.
  • Les performances d'inférence varient considérablement selon le niveau de matériel. La NPU intégrée à l'Digi ConnectCore e 95 offre une inférence environ 27 fois plus rapide que le processeur, tandis que l'accélérateur externe RBZ ARA240 ramène ce temps à moins de 2 millisecondes.
  • La conteneurisation permet de rendre les déploiements d'IA en périphérie portables, gérés par versions et actualisables sans intervenir sur la couche applicative supérieure.
  • Digi ConnectCore Les services cloud proposent des mises à jour OTA, une surveillance à distance et un cycle d'amélioration continue pouvant s'adapter à un seul appareil comme à des milliers.
  • L'Digi ConnectCore 95 est conçu pour permettre une évolutivité intégrée. Le passage de la NPU interne à un accélérateur externe nécessite une mise à jour du conteneur, et non un remplacement du matériel.

1. Collecte et annotation des données

C'est à cette étape que la plupart des projets sous-estiment l'effort requis. Les ensembles de données d'images open source permettent de créer des modèles dont la précision atteint 75 à 80 %, mais le contrôle qualité en fabrication exige généralement un taux de 95 % ou plus. Pour atteindre ce seuil, il faut constituer un ensemble de données sur mesure qui reflète l'environnement de production réel : vos produits, votre éclairage, vos types de défauts.

Le projet consacré à la boulangerie a nécessité plusieurs mois pour recueillir des données exploitables. L'établissement produit différents types de pain selon les jours, en fonction de la demande ; le jeu de données devait donc couvrir un large éventail de produits et de conditions. Cela a nécessité plusieurs semaines d'enregistrement vidéo en continu sur place, suivies d'une extraction d'images et d'un étiquetage manuel en collaboration avec le personnel de la boulangerie, qui était en mesure d'identifier ce qui constituait réellement un défaut.

La leçon à retenir : la collecte de données doit commencer plus tôt qu’on ne le jugerait nécessaire, et les équipes doivent prévoir dès le premier jour que le jeu de données évoluera à mesure que les appareils sur le terrain feront apparaître de nouveaux cas limites.

2. Choix du cadre de formation

Le cadre utilisé pour entraîner le modèle doit être choisi en fonction de l'environnement dans lequel il sera finalement exécuté. Si l'accélérateur cible nécessite TensorFlow Lite, le fait de procéder dès le départ à l'entraînement dans TensorFlow permet d'éviter une conversion fastidieuse par la suite. Les accélérateurs prenant en charge ONNX ou PyTorch offrent d'autres possibilités.

Pour le système d’inspection des produits de boulangerie, RBZ Robot Design a choisi PyTorch et ONNX, car ces outils permettaient de cibler à la fois le processeur (CPU) et l’accélérateur externe ARA240. Un modèle TensorFlow distinct a été développé afin de valider le fonctionnement avec la NPU interne de l’ Digi ConnectCore e 95. Le choix du framework a déterminé toutes les étapes en aval, et revenir en arrière en cours de projet aurait été coûteux.

3. Formation au modèle cloud

L'entraînement dans le cloud sur GPU produit généralement un modèle en virgule flottante. Cette étape est la plus familière du pipeline pour la plupart des équipes d'IA, mais l'enregistrement des points de contrôle est une étape qui est systématiquement négligée. Chaque session d'entraînement, y compris ses hyperparamètres et ses résultats, devrait être consignée et archivée. Lorsqu'un modèle commence à dériver en production six mois après son déploiement, la possibilité de remonter à un état d'entraînement spécifique pour identifier la source du problème s'avère inestimable.

4. Optimisation des modèles pour l'inférence en périphérie

C'est cette étape qui distingue l'IA en périphérie de l'IA dans le cloud. Les modèles exécutés sur une NPU embarquée doivent être quantifiés, passant d'une représentation en virgule flottante 32 bits à une représentation en entier 8 bits. Les avantages sont considérables : une réduction d'environ 4 fois la taille du modèle, des besoins en bande passante mémoire réduits et une inférence plus rapide. Cependant, la quantification entraîne une perte de précision de 5 à 10 %, voire davantage dans certains cas.

La méthode la plus efficace pour gérer cette perte est l’entraînement tenant compte de la quantification, qui modifie le processus d’entraînement lui-même afin de prendre en compte la réduction de précision qui se produira au moment de l’inférence. Pour le NXP i.MX 95 et la plateforme Digi ConnectCore 95, le framework logiciel eIQ de NXP fournit la chaîne d’outils complète : quantification, récupération de la précision et déploiement de l’inférence sur les trois niveaux de calcul.

Un principe d'architecture qui s'est avéré valable dans le cadre du projet « Bakery » : les modèles plus petits se quantifient plus proprement que les plus grands. Diviser une tâche complexe en deux modèles plus légers, par exemple un pour la localisation et un autre pour la classification, peut s'avérer plus facile à optimiser pour les périphériques que de construire un seul modèle qui gère les deux.

5. Emballage en conteneurs

Une fois le modèle optimisé, il est intégré dans un conteneur avec son moteur d’inférence, ses dépendances et sa configuration. La conteneurisation est désormais une pratique courante pour l’IA en périphérie en environnement de production. Le conteneur est portable, versionné et reproductible. Il permet également de dissocier la couche applicative de la couche d’inférence : si l’accélérateur cible passe de la NPU interne à l’ARA240, un simple remplacement du conteneur assure la transition sans modifier l’application qui le surmonte.

Digi ConnectCore Les services cloud prennent en charge les formats de conteneurs LXC, Docker et Podman. Le conteneur packagé est transféré vers le référentiel dans le cloud, où il devient l'artefact qui est déployé, surveillé et mis à jour sur l'ensemble du parc d'appareils sur le terrain.

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