Résumé
Le choix entre une conception « chip-down » et un système sur module (SOM) pour un produit industriel relève en réalité d’une décision liée aux risques tout au long du cycle de vie, et non d’une simple comparaison des nomenclatures. Les obligations en matière de sécurité, les risques réglementaires, la pérennité de la chaîne d’approvisionnement, les coûts de support après lancement et les délais de mise sur le marché sont autant de facteurs qui comptent sur une durée de vie du produit de 10 ans ou plus. Pour la plupart des produits industriels à volume de production modéré, un SOM sur une plateforme telle que Digi ConnectCore réduit ce risque et permet de commercialiser le produit plus rapidement. La conception « chip-down » ne se justifie généralement que pour des volumes très élevés, en cas de contraintes extrêmes en termes de taille ou de consommation d’énergie, ou lorsqu’on dispose d’une équipe dédiée et expérimentée en matière de matériel et de sécurité.
Lors de la conception et de la réalisation de systèmes embarqués, le choix entre « fabriquer soi-même » et « acheter » ne se résume plus à assembler du matériel embarqué et à faire fonctionner un prototype. Pour les produits industriels, le choix entre une conception « chip-down » et un système sur module (SOM) détermine votre niveau de sécurité, votre exposition aux exigences réglementaires, votre vulnérabilité face aux pénuries de composants et vos coûts de support pour les 10 à 15 prochaines années. Ce choix est également crucial pour les délais de mise sur le marché. Optez pour l’approche qui permet de gérer au mieux ces risques, et non pas simplement celle qui présente la nomenclature la moins coûteuse.
Digi ConnectCore modules,
Sécurité TrustFence, Digi Embedded Yocto, et
ConnectCore Cloud et
Services de sécurité sont conçus pour prendre en charge une grande partie de ce risque. Le véritable avantage réside dans la mise sur le marché plus rapide.
Le choix entre « faire soi-même » et « acheter » a évolué
Pendant des années, la question de savoir s'il fallait concevoir un circuit imprimé sur mesure autour d'un processeur (approche « chip-down ») ou partir d'un module SOM s'est posée sous l'angle du rapport entre l'effort d'ingénierie et le coût unitaire. Ce cadre de réflexion n'est plus valable pour les produits embarqués industriels.
Les équipements industriels sont déployés sur le terrain pendant une dizaine d'années, voire plus. Ils font partie intégrante de réseaux stratégiques : usines, infrastructures énergétiques, environnements médicaux, systèmes de transport. Ils sont soumis à des réglementations qui n'existaient pas lorsque de nombreuses équipes ont choisi leur plateforme. Et ces dernières années ont montré à quelle vitesse un seul composant indisponible peut paralyser une chaîne de production.
La véritable question est donc la suivante : quel point de départ permet de minimiser le risque global et le coût total sur l'ensemble du cycle de vie du produit ? Cette question concerne aussi bien les ingénieurs, les chefs de produit, les responsables de programme que les services financiers, et chaque groupe y apporte une réponse différente.

C'est un spectre, pas un choix binaire
La plupart des équipes envisagent deux options, mais il existe en réalité trois points de départ :
| Point de départ |
Ce que vous possédez |
Le plus adapté |
| Chip-down |
Tout : schémas, conception, BSP, sécurité, certification, approvisionnement |
Volumes très importants, contraintes extrêmes en termes de coûts ou de dimensions, expertise interne approfondie |
| Système sur module (SOM) |
Carte porteuse, logiciel d'application, conformité au niveau du produit |
Des produits industriels différenciés nécessitant rapidité et un accompagnement à long terme |
| Ordinateur monocarte (SBC) |
Boîtier, application, intégration |
Prototypage rapide, produits en petites séries, validation de concept |
Cinq questions à se poser avant de s'engager
1. Disposez-vous des ressources techniques nécessaires pour développer un produit « chip-down », et sont-elles réellement disponibles ?
Dans le cadre du développement de produits embarqués connectés, la portée du projet dépasse presque toujours les prévisions formulées lors de la phase de conceptualisation. Soyez honnête : l’équipe a-t-elle déjà développé ce type de produit ? D’autres projets peuvent-ils réellement être mis de côté ? Disposez-vous d’une expertise approfondie dans les disciplines moins prestigieuses telles que la conception de circuits à haute vitesse, la gestion de l’alimentation, la conception RF, le démarrage sécurisé et la maintenance Linux à long terme ? La complexité de la conception RF peut à elle seule constituer un obstacle insurmontable si votre équipe ne dispose pas des compétences essentielles en ingénierie RF. Le développement « chip-down » implique de disposer de toutes ces compétences en conception, fabrication et test, et pas seulement de celles qui vous plaisent.
Comment Digi vous aide : un module SOM ConnectCore est livré avec le processeur, la mémoire, le système de gestion de l'alimentation et (sur les versions sans fil) les modules radio pré-certifiés, intégrés et testés ; de plus, Digi Embedded Yocto fournit un package de support de carte Linux validé dès le premier jour. Votre équipe peut ainsi se concentrer sur l'application et la carte porteuse plutôt que sur le sous-système de calcul. Une assistance technique spécialisée et les services de conception Particle sont également disponibles si vous avez besoin d'une aide technique plus approfondie.

2. À quoi ressemble réellement votre calendrier ?
Les projets de conception de systèmes embarqués dépourvus d’un calendrier défini ont tendance à être les plus coûteux, car les équipes travaillent à temps plein à un niveau d’efficacité inférieur à leur plein potentiel pendant bien plus longtemps que nécessaire. Un module pré-intégré et pré-testé permet de raccourcir le calendrier de manière concrète : le développement logiciel peut débuter dès le premier jour sur la plateforme cible, la conception de la carte d’application peut s’appuyer sur une conception de référence éprouvée, et les travaux matériels et logiciels peuvent se dérouler en parallèle plutôt qu’en série.
Comment Digi vous aide : les kits de développement et les ordinateurs monocarte permettent aux équipes de développement logiciel de commencer à travailler sur du matériel cible réel alors même que la carte porteuse personnalisée est encore en cours de conception. Digi fournit également les schémas, les fichiers Gerber et les nomenclatures de ses cartes de référence, ce qui permet de démarrer la conception de la carte porteuse à partir d'une base éprouvée plutôt que d'une page blanche.
3. Avez-vous modélisé le coût total de possession, et pas seulement la nomenclature ?
Une approche « chip-down » peut sembler plus économique sur le papier. Vérifiez cette hypothèse en tenant compte des éléments suivants :
- Études techniques ponctuelles pour le développement de matériel, de logiciels et de tests
- Tours et retours de prototype
- Coûts liés à la certification et à la conformité, tels que les exigences en matière de radiocommunications, de sécurité et autres exigences spécifiques au secteur
- Développement des tests de fabrication et optimisation du rendement
- Maintenance logicielle continue et application des correctifs de sécurité tout au long du cycle de vie du produit
- Gestion de l'obsolescence et risques liés à la refonte
- Le manque à gagner que vous subissez chaque mois où la mise sur le marché de votre produit est retardée (voir ci-dessous)
Lorsque les volumes sont modérés et les cycles de vie longs, le coût unitaire plus élevé du module est souvent compensé par les économies réalisées en matière de conception et de coûts liés au cycle de vie.
Comment Digi vous aide : les modules SOM sans fil dotés de technologies Wi-Fi et Bluetooth pré-certifiées réduisent considérablement les efforts liés à la certification radio. Les services ConnectCore Cloud sont proposés en deux niveaux, « Essential » et « Premium », avec des options d’abonnement et de paiement à l’utilisation, ce qui permet de prévoir les coûts de gestion courants et de les adapter à la taille du parc.
4. Êtes-vous en mesure de respecter vos obligations en matière de sécurité et de réglementation tout au long du cycle de vie du produit ?
C'est là que les enjeux ont le plus évolué. La sécurité dans le développement des produits industriels connectés n'est plus une fonctionnalité à ajouter avant le lancement. Il s'agit d'une obligation permanente, qui commence dès la conception embarquée et le prototypage et se poursuit tout au long du cycle de vie du produit sur le terrain.
Les réglementations applicables aux produits connectés, telles que la loi européenne sur la cyber-résilience, les exigences en matière de cybersécurité de la directive européenne sur les équipements radioélectriques, ainsi que les référentiels sectoriels tels que la norme CEI 62443 pour l’automatisation industrielle, imposent au fabricant la responsabilité de concevoir des produits sécurisés, de suivre et de signaler les vulnérabilités, et de fournir des mises à jour de sécurité pendant toute la durée du support.
Pour une équipe de développement de produits d'IoT , cela se traduit par des tâches concrètes :
- Démarrage sécurisé et authentifié, stockage chiffré et interfaces protégées
- Un mécanisme de mise à jour à distance fiable et signé
- Une liste des composants logiciels (SBOM) et un processus de surveillance des nouvelles vulnérabilités dans chaque composant open source que vous distribuez
- Un processus de gestion et de divulgation des vulnérabilités
- Identité des appareils avec sécurité intégrée au matériel et gestion des clés
Mettre en place et maintenir tout cela en interne, dans le cadre d'une conception sur mesure allant jusqu'au niveau des puces, représente un engagement important et durable.
Comment Digi y contribue : la sécurité est assurée à trois niveaux : les puces NXP et STMicroelectronics dotées de fondements de sécurité matériels, le cadre Digi TrustFence (démarrage sécurisé, systèmes de fichiers chiffrés, accès authentifié et mises à jour sécurisées du micrologiciel), et les services de sécurité ConnectCore (SBOM, analyse des vulnérabilités et rapports CVE), associés à des services cloud pour l'application sécurisée de correctifs à distance. Digi présente cette combinaison comme répondant aux exigences de l'annexe I de la CRA. Chaque couche est décrite ci-dessous.
5. Votre chaîne d'approvisionnement est-elle en mesure d'assurer la disponibilité de ce produit pendant 10 ans ou plus ?
Les pénuries de ces dernières années ont laissé de nombreuses équipes face à des produits qu'elles ne pouvaient pas fabriquer. Pour les produits industriels, la pérennité de la chaîne d'approvisionnement doit être un critère de sélection, et non une considération secondaire.
Questions à poser à tout fournisseur de plateforme, et à vous poser si vous optez pour une conception « chip-down » plutôt qu’une conception SOM :
- Quelle est la plage horaire de disponibilité garantie pour le processeur et le module ?
- Le processeur provient-il d'un fournisseur proposant un programme de pérennité industrielle ?
- Comment sont gérées les annonces de fin de vie, et en quoi consiste le processus de « dernière chance d'achat » ?
- Existe-t-il une voie de migration claire vers un composant de remplacement offrant des options compatibles au niveau des broches ou au niveau logiciel ?
- Qui gère la diversification des sources d'approvisionnement et les risques au niveau des composants : vous ou votre fournisseur ?
Avec un SOM, une grande partie de l'approvisionnement en composants, du suivi de l'obsolescence et de la planification du cycle de vie est confiée à un fournisseur dont l'activité principale consiste précisément en cela. Avec l'approche « chip-down », chaque condensateur, chaque dispositif de mémoire et chaque circuit intégré d'alimentation de votre carte relève de votre responsabilité.
Comment Digi vous aide : Digi conçoit des modules SOM ConnectCore destinés à une longue durée de vie industrielle, en s'appuyant sur les gammes de processeurs NXP et STMicroelectronics, qui garantissent un approvisionnement industriel à long terme. L'entreprise gère également l'approvisionnement des composants au niveau des modules, la communication relative aux « derniers achats » et la planification des produits de remplacement, afin que vous n'ayez pas à vous en charger. Les modules sont conçus et validés pour des conditions d'utilisation industrielles, notamment des plages de température étendues et des tests de fiabilité tels que la norme CEI 60068 et les tests HALT sur les modèles actuels.
Les coûts qui surviennent après le lancement
De nombreuses équipes établissent un budget minutieux pour le développement, mais sous-estiment ensuite ce qui va suivre. Après le lancement, vous restez responsable des éléments suivants :
- Mises à jour du micrologiciel
- Correctifs de sécurité
- Corrections de bogues et mises à jour du noyau
- Réaction face à de nouvelles vulnérabilités dans des composants tiers
- Gestion du déploiement de la flotte
- Surveillance et mises à jour à distance
- Gérer les modifications apportées aux composants sans compromettre la certification
Sur un cycle de vie de 10 ans, ces coûts peuvent égaler, voire dépasser, l'investissement initial consacré au développement. Les chefs de produit devraient demander d'emblée cette vision globale du cycle de vie, car c'est l'élément qui fait le plus souvent défaut dans l'analyse de rentabilité.
C'est également dans ce domaine qu'une approche par plateforme s'avère la plus rentable. Les mises à jour, le suivi des vulnérabilités et la gestion du parc ne sont pas des tâches techniques ponctuelles ; il s'agit de services récurrents. Digi les propose précisément sous cette forme, comme décrit ci-dessous.
Du côté des recettes : quel est l'intérêt d'un lancement plus rapide ?
La plupart des analyses comparatives entre les approches « SOM » et « chip-down » se présentent sous la forme de comparaisons de coûts. Cela occulte toutefois le chiffre le plus important de l'analyse de rentabilité : le chiffre d'affaires et la marge que vous réalisez – ou que vous perdez –, selon le moment où votre produit parvient aux clients. Les chefs de produit et les responsables financiers devraient accorder à cet aspect la même importance qu'à l'estimation technique.
Chaque mois de retard a un coût. Pour simplifier, on peut l'exprimer ainsi : coût du retard par mois = bénéfice brut mensuel prévu en régime de croisière, ajusté en fonction de la vitesse de progression des ventes.
L'importance de la rapidité dans le déploiement de votre solution embarquée tient à plusieurs facteurs :
- Des revenus plus précoces. Lorsque la fin de votre fenêtre de commercialisation est fixée (lancement d'un concurrent, date d'un programme client, échéance réglementaire), chaque mois où vous démarrez plus tôt représente un mois de ventes que vous ne pourrez jamais rattraper par la suite.
- Position concurrentielle. Les clients industriels sélectionnent leurs fournisseurs et ont tendance à leur rester fidèles. Être le premier à se positionner sur le marché peut permettre de remporter le contrat de conception et, par la suite, de conquérir le parc installé.
- Pouvoir de fixation des prix. Au début de l'émergence d'un marché, vous êtes moins exposé à la pression sur les prix exercée par les concurrents qui vous emboîtent le pas.
- Un apprentissage plus rapide. Les déploiements sur le terrain plus précoces permettent de recueillir des retours d'expérience concrets de la part des clients, qui orientent la prochaine version.
- Capacité d'ingénierie. Les ingénieurs qui ne sont pas occupés à repenser une plateforme informatique sont libres de se consacrer aux fonctionnalités qui distinguent votre produit, ou au prochain produit.
- Accès au marché. Pour les produits commercialisés sur des marchés réglementés, le non-respect d'une date limite de mise en conformité peut entraîner la perte totale des recettes, et pas seulement un retard dans leur perception.
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Un exemple illustratif comparant les approches SOM et « chip down »
| Hypothèse ou résultat |
Valeur hypothétique |
| Volume annuel |
20 000 unités |
| Marge brute prévue en régime de croisière pour le produit |
200 000 dollars par mois |
| Accélération du lancement grâce à une approche par modules |
Il y a 6 mois |
| Marge brute supplémentaire résultant d'un lancement anticipé (période de lancement fixe, phase de montée en puissance non prise en compte) |
1,2 million de dollars |
| Coûts NRE évités (matériel du sous-système de calcul, BSP, mise en place de la sécurité) |
environ 1 million de dollars |
| Économies réalisées sur les coûts de certification et de refonte |
$150,000 |
| Économies réalisées sur la maintenance de Linux et la sécurité (1 ETP à 200 000 $/an × 10 ans) |
environ 2 millions de dollars |
| Coût total évité |
environ 4,35 millions de dollars |
| Analyse des coûts sur 10 ans |
Valeur hypothétique |
| Surcoût du module par rapport à la nomenclature « chip-down » |
15 dollars par unité, soit 300 000 dollars par an, 3 millions de dollars sur 10 ans |
| Coût delta (coût évité – surcoût) |
environ 1,35 million de dollars |
Dans ce scénario hypothétique, le surcoût du module s'élève à environ 3 millions de dollars sur dix ans, mais le lancement anticipé, les travaux d'ingénierie et de certification évités, ainsi que les efforts de maintenance évités représentent une valeur d'environ 4,35 millions de dollars. Le bilan penche en faveur de la stratégie « chip-down » uniquement au-delà d'environ 29 000 unités par an. Vos chiffres varieront, mais le principe reste le même : comparez le surcoût sur le cycle de vie aux économies réalisées sur ce même cycle, auxquelles s'ajoute la valeur du délai de mise sur le marché, et non pas la nomenclature (BOM) à la nomenclature.
Les équipes devraient également modéliser honnêtement le scénario de baisse des prix des puces. Lorsque les volumes sont très élevés et que la fenêtre de marché est longue et stable, la prime unitaire peut revêtir une importance accrue.
Dans quels cas la conception « chip-down » est-elle pertinente ?
Une approche modulaire n'est pas toujours la solution. Le développement de produits selon l'approche « chip-down » peut s'avérer pertinent lorsque :
- Les volumes sont très élevés et le coût unitaire est le facteur déterminant de la rentabilité du projet
- Les modules disponibles ne permettent pas de répondre aux contraintes liées à la taille, à la puissance ou au format.
- Vous disposez d'une équipe expérimentée et dévouée, spécialisée dans le matériel et la sécurité, qui s'appuie sur un processus bien établi
- Vous gérez déjà une plateforme logicielle pérenne pour ce processeur
Même dans ce cas, de nombreuses équipes réalisent d’abord un prototype à partir d’un système sur module plutôt que d’une conception à partir de la puce, et vont même jusqu’à lancer leur produit sur la base d’une conception de module. Cela leur permet de valider le produit et le marché avant de s’engager dans une conception sur mesure. Étant donné que Digi Embedded Yocto et le framework TrustFence fonctionnent sur l’ensemble de la gamme ConnectCore et s’appuient sur des puces standard de NXP et STMicroelectronics, le travail logiciel et de sécurité effectué sur un SOM reste exploitable si vous passez ultérieurement à une carte sur mesure.